Le scandale des fichiers audio Haute Définition
- Publié par Adriatika le 22 juillet 2011 à 19:32
Mark Waldrep, sur le site américain I.TRAX.com, commente les résultats d’une étude approfondie sur la qualité des fichiers audio Haute Définition, qui connaissent un succès grandissant avec l’arrivée de la musique dématérialisée dans la sphère audiophile.
Des compagnies américaines comme HDTracks (fondée par les frères Chesky, réputés pour le haut niveau de leurs enregistrements) ou anglaises comme Linn (grand nom de la hi-fi) sont pointées du doigt.
En effet, elles proposent des versions jusqu’à 24 bits/192 kHz d’albums du commerce, dont de nombreuses rééditions d’enregistrements analogiques.
Pour mémoire, la qualité CD est typiquement de 16 bits échantillonnés à la fréquence de 44,1 kHz, ce qui donne une bande passante entre 20 et 20 000 Hertz. On considère que la taille d’un fichier audio correspond à l’équation suivante : Taux d'échantillonnage x Nombre de bits x Nombre de secondes x Nombre de voies.
Une étude sérieuse, menée par Keith Howard, journaliste au magazine anglais Hi-Fi NEWS, rappelle que les enregistrements analogiques de l’époque du microsillon dépassent rarement les 16 000 Hertz (ce qui est déjà beaucoup, seules les jeunes oreilles et de rares privilégiés entendent distinctement au delà de cette fréquence très aigue).
De l’avis des audiophiles, les 16 bits du CD sont insuffisants pour transcrire parfaitement une bande son analogique, du fait de distorsions liées au filtrage et au sur-échantillonnage. Par contre, à 24 bits, bien malin qui peut faire la différence.
Alors pourquoi monter le taux d’échantillonnage à 96 ou 192 kHz ? Principalement pour des raisons techniques qui amènent une interprétation plus réaliste des signaux faibles et aigus, jusque dans les ultra-sons.
Dans ces conditions, s’interroge Mark Waldrep, comment HDTracks ou Linn peuvent-ils vendre des formats 24 bits/192 kHz à partir d’enregistrements analogiques, ou même numériques, limités à 20.000 Hertz dans le haut du spectre ?
D’autant plus que la politique de ces compagnies est de vendre proportionnellement plus cher les formats Haute Définition.
Analysés à travers des logiciels de montage audio professionnels (Izotope RX Advance par exemple), il s’avère que des albums ont été trafiqués pour produire des informations audio artificielles dans les fréquences aigues alors que ces informations sont purement absentes de l’enregistrement original. Cette technique, dite du « upsampling » avec ajout d’une « couche de bruit » (noise shaping) peut parfois améliorer l’écoute d’un CD, mais détériore toujours un original analogique.
HDTracks propose ainsi à la vente le format flac 16 bits/44,1 kHz du fameux album « Frampton Comes Alive » pour 10 dollars de moins qu’une version 24 bits/96 kHz… Qui n’apporte strictement rien de plus, comme le confirme d’ailleurs la taille du fichier, tout à fait comparable à celle du flac 16 bits.
Questionné à ce sujet, le responsable du site de vente en ligne s’est contenté de modifier les caractéristiques du fichier, devenu comme par magie du 24 bits/48 kHz, vendu certes moins cher. Malgré tout, 18 dollars pour un fichier dématérialisé et de moins bonne qualité que le CD, ça laisse songeur …
Car l’étude démontre que de nombreux albums, y compris dans les rubriques Jazz et Classique, ont fait l’objet de manipulations via sur-échantillonnage (upsampling) et ont été numérisés à des niveaux extrêmes sans aucun gain qualitatif par rapport au CD.





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